Congrès AEAP Modalités d’accès

 

CONGRES AEAP 2026 (Merdrignac (centre d’accueil Val de Landrouet), Laurenan-22)

 

 

Modalités d’accès

-par la route :

4 voies (merci à la Duchesse Anne) jusque Merdrignac

Par le train :

Gare SNCF RENNES, puis bus à la gare routière (même site que le lieu d’arrivée des trains) bus en direction de Merdrignac (son terminus), durée du trajet 1h 15. Le site d’accueil se situe à 15 mn à pied du lieu d’arrivée du bus (horaires du bus contacter : breizgo n° :02 99 300 300).

Coût du séjour

270 euros par personne en chambre double

300 euros en chambre individuelle

(Draps et linge de toilette fournis)

 

NB : Les congressistes qui souhaitent être hébergés avant et (ou) après le congrès au site d’accueil du Val de Landrouet le pourront en se signalant au moment de l‘inscription.

Soyez curieux

Visitez par internet les sites du Val de Landrouet à Merdrignac

la petite ville de Laurenan

et à 30 minutes en voiture la mythique forêt de Brocéliande

Congrès AEAP Bulletin d’inscription

BULLETIN D’INSCRIPTION

Congrès AEAP 2026

Du 8 AU 11 SEPTEMBRE

Centre de vacances du Val de Landrouet-Merdrignac

Merdrignac, Laurenan (Côtes d’Armor)

A retourner avant le 10 août à

Claude Chainon Le Clos Rouault 22630 EVRAN

Nom :

Prénom :

Adresse :

Téléphone :                                    Courriel :

Arrivera en voiture le                                   vers                 heures

Arrivera à la gare routière de Merdrignac

le                     à          heures
L’inscription au congrès es de 270 euros par personne pour chambre double et 300 euros par personne pour chambre seule

Chèque à l’ordre de AEAP

Ou virement

Pour tout renseignement supplémentaire, demander aussi à

Claude Chainon 06 74 58 33 27

Draps et serviettes de toilette fournis sur place.

Date                                                   Signature

 

 

Notre prochain congrès en Bretagne

Congrès de l’Association des Ecrivains et Artistes paysans 2026

Merdrignac, Laurenan (Côtes d’Armor)

Du 8 au 11 septembre

 

https://www.valdelandrouet.com/

14 rue du Gouede 22230 Merdrignac

Tél. 02 96 28 47 98

******

Mardi 8

14h : accueil des participants au centre de vacances du Val de Landrouet-Merdrignac

15 h :  conseil d’administration

16 h 30 : rencontre avec des élèves, étudiants du Lycée

18 h 15 : accueil Mairie de Merdrignac. 19h 30 : repas

21 h : visionnage du court métrage congrès 2025

***

Mercredi 9

7h30 : petit déjeuner

9h15 : Assemblée générale au Lycée, Campus du Mené

10h45 : conférence : un exemple de développement local (film et débat)

12h15 : remise du prix de la nouvelle ‘Jean de la Brette’

13h 15 déjeuner

14h30-16h : réunion littéraire, paroles d’écrivain(e)s

Agricultures paysannes françaises et étrangères, le sol et les arts. Une collaboration étroite entre associations amies et écrivains dont des responsables de l‘Association des Ecrivains Bretons, ainsi que nos invités brésiliens et Burkinabé (présentation de la coopération AEAP:/UNIJUI / UETI).

17h : visite d’un centre équestre, de jardins, d’une roseraie (collection) forêt à gestion durable)

20 h : repas Merdrignac

***

Jeudi 10

7h 30 : petit déjeuner

8h30 : départ pour excursion en bus

9h 45 : visite de Dinan, ville médiévale

12 15 : déjeuner au port, sur la Rance

14h 30- 16h30 : St Malo, visite de la cité corsaire et ses remparts

17h 30 : retour Merdrignac et départ pour Laurenan

18h 45 : expositions des ouvrages, dédicace, discussion avec les nombreuses associations locales

19h 30 : repas Libanais (servi par les amis de l‘Association France Liban)

20h30 : spectacle animé par les écrivains et artistes musiciens-chanteurs de L’AEAP)

22h 30 : retour Merdrignac

***

Vendredi 11

7h 30 : Petit déjeuner

9h 3O-11h : atelier d’écriture

11h-12h : visite Lycée

12h 15 : déjeuner à la demande (supplément de 10 euros)

Congrès Modalités d’accèsBulletin d’inscription

Nouvelles de nos partenaires

L’AEAP hérite d’un riche réseau de partenaires et en ajoute actuellement quelques nouveaux.

Nous vous donnons aujourd’hui des nouvelles de « Transrural Initiatives », digne héritier de l’Education populaire, avec lequel nous engageons de nouvelles collaborations, dont nous vous rendrons compte quand elles seront en route.

Transrural Initiatives est une revue trimestrielle d’information sur le monde rural. Elle est publiée depuis 1993 par l’Agence de diffusion et d’information rurales (ADIR), association d’édition de diverses organisations œuvrant dans le champ du développement agricole et/ou rural, et se reconnaissant dans les valeurs de l’éducation populaire. Elle est soutenue par les organisations suivantes : Réseau CIVAM, MRJC, Relier, Réseau des CREFAD, Terre de liens, Célavar-Auvergne-Rhône-Alpes, Pôle Impact, Tiers-lieuses.

Voici comment elle conçoit sa mission.

Média participatif et indépendant, cette revue privilégie les réalités de terrain et valorise les initiatives locales. Elle offre une lecture décloisonnée des questions rurales et appréhende ces territoires dans la diversité de leurs usages, mettant en avant des espaces où il est possible d’habiter, se déplacer, s’instruire, se cultiver, produire, se distraire et tisser des liens. Ces expériences, de la vie culturelle à l’aménagement du territoire, en passant par l’énergie, la démocratie locale ou l’agriculture, illustrent concrètement des alternatives au modèle économique dominant, marqué par la concurrence généralisée, la disparition des solidarités, et l’exploitation aveugle des ressources naturelles. A travers leur récit, Transrural entend sortir de la morosité ambiante et invite à l’action !

https://www.transrural-initiatives.org/qui-sommes-nous/lassociation/

Transrural Initiatives vient de renouveler son équipe de rédaction et sa formule en passant à quatre numéros de 60 pages par an. Le second parmi ceux-ci vient paraître. Il est axé sur Les bals et musiques traditionnelles comme reflets de nos sociétés. Il mérite toute notre attention.

Pour se procurer ce numéro ou mieux s’abonner à la revue :

Rendez-vous sur la boutique en ligne ici : https://www.transrural-initiatives.org/boutique/

Avec le bon de commande en pièce jointe

Ou par mail à tri@globenet.org

Hommages à Chantal OLIVIER. Suite.

Charles BRIAND

3 rue des Praalats

10700 ARCIS sur AUBE                                                                                 le 20 Juin 2026

Charles BRIAND

 

Bonjour à tous,

                                                        En…f. fin.  Je peux vous faire savoir que j’existe encore.

Depuis quelque temps, les années s’ajoutant, ce sont mes forces physiques qui relâchent. J’en suis réduit à renoncer à toute activité. Et j’en étais à ne plus voir que la moitié de ma misère. D’où mes absences aux réunions, dédicaces, rencontres, etc. Et congrès de l’AEAP.

Et puis voilà que j’ai été opéré des deux yeux , le 29 Mai et le 12 Juin. Même encore en soins, je revois… et je revis... C’est rien de le dire. A 90 ans quand même.

Au point d’avoir pu, ces jours,  prendre connaissance, et du décès de Chantal OLIVIER, et de tous les messages qui ont été adressés aux siens à l’occasion de ses obsèques. Il est facile de comprendre que je m’associe totalement aux messages de soutien et à ceux qui rappellent combien Chantal était appréciée par sa générosité, sa simplicité, son charisme.

J’ai connu Chantal dans les années 80. Technicien, participant chaque année au Salon de l’Agriculture, j’étais venu au stand des Ecrivains-paysans rencontrer Yvon PEAN le secrétaire de l’époque. Pour lui demander de l’aide en vue de sortir mes livres. Bien sûr j’ai rencontré Jean et Ginette TURMEL les bibliothécaires, mais surtout le président Jean ROBINET, presque mon voisin avec lequel j’ai beaucoup échangé. J’ai connu aussi, Jean MOUCHEL, Claudie MOTHE, Geneviève CALLEROT… Et tant d’autres. Et bien sûr Chantal OLIVIER. Avec laquelle j’ai eu tout de suite un rapport particulier. Presque voisin avec elle aussi, elle Côte d’Or et moi Aube, et bien qu’elle soit plus jeune que moi, nous nous comprenions sur tout.

Plus tard, quand je l’ai pu, j’ai participé aux congrès annuels. Surtout à partir de 2003 alors que Chantal prenait la présidence et que moi j’entrais au conseil coopté par Jean-Louis QUEREILLAHC. Dans le temps, Chantal profitait de ma proximité avec Paris pour me déléguer certaines démarches. En particulier avec le ministère de l’agriculture. Ou l’APCA. Où ,j’avais quelques relations à cause de mes livres. Qui dira combien nous avons travaillé ensemble.

Elle a même pris le temps de venir chez moi, accueillie par Marie-Jeanne comme l’une de nos soeurs. Je lui rendrai la visite en particulier en 2017 pour partir avec elle vers le congrès de Correns dans le Var. Christian devait terminer la vendange.

Hélas, lors des obsèques de René PRESTAT en 2020, si elle était présente en compagnie de Francis MARQUET, j’ai cru remarquer quelques chose d’insolite dans l’attitude de Chantal. Même si c’est vrai, il y avait de quoi être choqué par la présence de ces trois cercueils côte à côte. Ce qui s’est confirmé par la suite. Elle n’était pas là pour les obsèques de Francis quelques mois plus tard.

Puis, quand je l’ai revue au congrès suivant, Chantal n’était plus la même. Pourtant assistée de Christian, elle ne me reconnaissait plus et n’était plus qu’une ombre. Et par la suite, au téléphone Christian ne voulait même plus me la passer. Hélas.

Dire que j’en ai gros sur la patate, de la savoir partie… est-ce utile ? Au contraire j’en suis presque soulagé car me rappelant ses si nombreuses activités et toute sa générosité, je suis persuadé que dans « l’autre monde  elle en aura récompense. »  N’ai-je pas reçu une formation de chrétien où j’ai entendu prononcer une parole de Jésus selon un évangile de Saint Luc :

«  Et l’on versera dans le pli de ton manteau une bonne mesure pressée tassée et débordante car on se servira pour toi de la mesure que tu as employée pour servir les autres. »  

Adieu Chantal. C’est tout ce que je te souhaite.

Charles BRIAND

Conseiller agricole en retraite

Ecrivain-Paysan et fier de l’être

Cérémonie d’hommages à Chantal Olivier. Suites.

 

Dans la terre qu’elle aimait tant, Chantal Olivier s’en est allée chemin faisant

 

Ce lundi 8 juin 2026 dès 9h30, au moins 400 personnes se sont rassemblées à Nuits-Saint-Georges, sur le parking de cueillette de la ferme Fruirouge à Concoeur-et-Corboin pour une cérémonie d’hommage à Chantal Olivier. Près des rangs de fraisiers, de vignes et de cassis, un immense velum avait été dressé et six écrans diffusaient en continu des photos souvenirs.

La cérémonie voulue « vivante et colorée à son image » par la famille, a salué les différentes facettes de Chantal avec une diversité de témoignages évoquant sa vie d’enfant, de jeune femme, d’épouse, de maman, de mémé, tout autant que de femme de la terre et de mots. L’article publié dans le quotidien Le bien public le 4 juin restitue son parcours.

Des membres de l’AEAP avaient fait le déplacement : Jacqueline Bellino et Gilles Gallois, Marie-Mad et Jacques Chauvin, Daniel Esnault, Rose-Marie Lagrave, Liliane Laroux, Marcel Marloie, Patrick Laubry et son épouse, le poète vigneron François Rocault. Chantal Robinet, la fille de l’écrivain-paysan Jean Robinet, était présente. En premier lieu, abordant l’enfance, Daniel Esnault a lu son poème : « La ruelle de mon enfance ».

L’AEAP s’est attachée à témoigner de l’empreinte profonde laissée par Chantal dans le monde rural, littéraire et humain. Rose-Marie Lagrave, son amie sociologue qui a préfacé son recueil de poèmes Chemin faisant, tome 2 publié en 2022, a lu un fragment du poème « Liberté » de Paul Eluard. Après le mot du président Marcel Marloie, Jacques puis Marie-Mad Chauvin ont apporté leurs témoignages (reproduits ci-dessous) suivis de l’hommage de Jacqueline Bellino à l’œuvre d’écriture de Chantal (publié sur le blog le 10 juin).

Au final, trois textes majeurs de Chantal Olivier ont été lus : « Le Cassis dans les Hautes-Côtes de Bourgogne » par Camille, son petit-fils ; « Vigne et vin des Hautes-Côtes en Bourgogne » par François Rocault ; « Je suis la femme » par Cathy, sa nièce et illustratrice de Chemin faisant, tome 2.

Puis, un long cortège a accompagné Chantal à pied jusqu’au petit cimetière, où elle repose dans la terre qu’elle aimait tant.

Marie-Mad et Jacques Chauvin, 15 juin 2026

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Témoignage de Jacques Chauvin, ethnologue, chargé de conservation du patrimoine de l’AEAP

En 2015, j’ai présenté à un colloque d’ethnologie une communication consacrée à l’écrivain-paysan Augustin Hérault. Il avait été présent à la fondation de l’Association des Ecrivains-Paysans (AEP) en 1972 à Plaisance-du-Gers. C’est pourquoi j’ai pris contact avec la présidente de l’association, Jacqueline Bellino, qui nous invita au Congrès en Vendée. Mon épouse est la fille de l’écrivain-paysan Augustin Hérault. C’est à ce Congrès que nous avons fait la connaissance de Chantal Olivier qui nous invita à aller la voir. Quelques semaines plus tard, nous arrivons à Concoeur. La visite commence par une déambulation dans les vignes, les petits fruits, avec en ponctuation, entre les rangs, des arrêts. Chantal récite un poème.

Chantal a longtemps présidé à la destinée de l’Association des Ecrivains-Paysans. Ayant adhéré en 1976, elle en a assuré la présidence de 2004 à 2012, puis une vice-présidence. Elle avait conservé une masse d’archives de cette association, devenue en 1980 Association Internationale des Ecrivains Paysans, puis en 2002 Association des Ecrivains et Artistes Paysans (AEAP). Chantal s’impliquera dans cette évolution par ses écrits concernant le sculpteur paysan René Prestat.

Chantal a eu le souci de transmettre. Je lui dois sa confiance lorsqu’en novembre 2019 à Concoeur, elle m’a remis les archives afin de les classer et organiser le dépôt. Je dois à Jacqueline Bellino sa bienveillance pour compléter le fonds. Depuis novembre 2023, le fonds d’archives de l’AEAP se trouve aux Archives départementales du Gers à Auch.

La démarche a été la même pour la sauvegarde de la Bibliothèque de l’AEAP. En 2019, l’AEAP en a effectué le versement à l’Ethnopôle Garae à Carcassonne dans la Maison des Mémoires. L’Aude est un département où rayonne l’œuvre de l’écrivain-paysan Michel Maurette, membre fondateur de l’AEP. Sont maintenant réunis 1300 livres des 500 auteurs, avec des apports substantiels faits par Chantal. Une démarche à laquelle a participé Christian et je l’en remercie chaleureusement.

On les voit Chantal et Christian sur la photo du Congrès AEP de Chalonnes-sur-Loire en septembre 1976. C’est le premier congrès de l’AEP auquel ce jeune couple participe. L’année suivante, elle est en photo au Salon de l’Agriculture sur le stand de l’AEP parmi les livres en compagnie du président Jean Robinet, de Rose-Marie Lagrave et Eliane Aubert. La plupart parmi les trente sur la photo du Congrès de Chalonnes en 1976 sont décédés. Ainsi Augustin Hérault, Thérèse Jolly, Emile Joulain, Pierre Mélet, Claire Méline, Elie Olivier, Jean-Louis Quéreillahc. Ne restent maintenant pour transmettre la mémoire des noms et des visages que Rose-Marie Lagrave et Christian Olivier.

L’Ethnopôle Garae a organisé en octobre 2023 deux journées d’étude consacrées à la littérature paysanne. En octobre 2024, les journées d’étude ont été organisées avec les chercheurs de l’Université de Toulouse et ont été consacrées à la poète et paysanne Marcelle Delpastre. Les actes de ces journées d’étude viennent de paraître aux Editions Classiques Garnier le 3 juin, format papier et ebook. Dans ma contribution, prend place la poète et paysanne Anjela Duval, le poète paysan Michel Boudaud et Chantal Olivier. Ainsi l’œuvre poétique de Chantal Olivier poursuit son chemin. Avec la parution voulue par la famille du tome 2 de Chemin faisant en 2022, avec en bienveillance la préface de Rose-Marie Lagrave, son œuvre poétique va voyager au loin, prendre le large.

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Témoignage de Marie-Madeleine Chauvin, fille de l’écrivain-paysan Augustin Hérault

Durant de nombreuses années, Chantal a côtoyé les écrivains et artistes paysans dans les congrès annuels et aussi au stand AEAP du Salon de l’Agriculture. Il s’y dédicaçait de nombreux ouvrages. Elle a peu publié au regard de toute son activité dans l’association mais elle avait un regard sensible et pertinent sur chaque auteur. En triant les archives de mon père, Augustin Hérault, j’ai retrouvé, non sans émotion, le premier recueil de Chantal, Chemin faisant, avec la dédicace suivante : « Merci au cultivateur du bocage vendéen pour son visage de sérénité et ses paroles qui portent l’apaisement. Genlis, septembre 1978 ». Signature : Chantal Olivier. C’était en 1978 au Congrès de Genlis en Côte d’Or. Cette dédicace m’est précieuse car elle montre combien chacun de ses mots était pesé et juste.

Au Congrès de Rambouillet en 2023, nous avons eu le plaisir de découvrir son deuxième recueil de poèmes, remarquable par le choix des textes et les illustrations. Ne pouvant plus lire, elle m’avait demandé de lui prêter ma voix pour en dire quelques-uns lors de la soirée récital. Pour toi Chantal et pour vous toutes et tous, voici celui-ci :

 

Comme une pépite d’or

qui capte un rayon de soleil,

comme une étoile filante

échappée du manteau de la nuit,

un souvenir soudain

scintille dans la brume du quotidien.

C’est une fleur fragile

posée sur la plage de la mémoire

née dans une nuit d’automne

entre deux cœurs battants à l’unisson

entre deux ventres qui mélangent

leurs sources.

Cette rose des sables

pourra-t-elle résister

aux passages des vents contraires

qui balaient les chemins de la vie ?

Livre de notre nouveau membre, Bernard Le Mené

Le Clé des racines et des ailes 1960

150 p. 10 euros.

Recueil de 40 poésies et 45 photographies, 150 pages inspirées de souvenirs de la vie dans la ferme familiale, en Centre Bretagne, dans les années 1960.

Des mots et des images, des traditions et des émotions, des paysages et des visages, des chemins et des parfums, des convictions et des passions… L’habitat, les rituels à la cuisine, à l’étable, au poulailler, à l’école, à l’église, le foin, la moisson, les pèlerinages, le jour du cochon, le cidre, le miel, les grands-parents, la  mort, le cheval et le tracteur, le vélo et la voiture, le four à pain, le lavoir, les conscrits…

 

Un nouveau livre de Jacqueline Bellino

 

Titre :

De Blins à Nissa la Bella

Le rêve français d’un « brut Piémountèïs »

Autrice :

Jacqueline Bellino

Editions                   Campanile

A paraître le 21 juin 2026

203 pages

Prix : 20€

Résumé :

De Blins à Nissa la Bella,

Du rêve à la réalité,

D’une guerre à l’autre,

De la cordonnerie à la littérature…

…L’amour, toujours.

« En racontant le parcours migratoire de ma famille j’ai voulu rendre hommage à tous les déplacés fuyant les guerres ou la misère à la poursuite de leurs rêves, tout particulièrement à ces Piémontaises et Piémontais qui ont apporté en offrande à ma ville de Nice leur enthousiasme, leurs espoirs, leurs savoir-faire, leur travail, et quelquefois leur vie, pour contribuer à en faire l’un des joyaux du patrimoine mondial… »

 

Un nouveau livre de Gérard Boinon

Le chant profond de la Terre, de Gérard Boinon, Illustrations de Georges-Henry Peyrin, ISBN : 978-2-494954-91-5

Dans cet ouvrage Gérard Boinon prête sa voix à celle du vivant. À travers des chroniques sensibles et engagées, il nous invite à marcher sur les sentiers de la mémoire paysanne, à écouter la colère et l’amour des paysans face aux géants, à partager un festin authentique un dimanche suspendu en Dombes ou à sentir la poésie de l’hiver éternel sous la croix du mont Mézenc.

Chaque texte est un écho : murmure, cri ou chant, mais toujours un souffle de vie. Les titres eux-mêmes sont des invitations : Le Sentier des Murmures Lumineux, La Mésange Bleue : Petite Flamme du Ciel, Le Mirage du Progrès et le Cri de la Terre, Terre-Mère, Terre de Vie : L’Union des Peuples Paysans… Autant de fragments qui tissent un récit universel, où la ruralité, la spiritualité et la résistance se mêlent à l’espérance.

Sous la plume de l’auteur, le monde paysan se raconte avec humilité, humour, tendresse et révolte. Il s’y déploie une force joyeuse, celle de ceux qui luttent tout en célébrant la beauté du monde.

Pour commander : https://editions-heraclite.fr/boutique-en-ligne-2.html/ws-/products/le-chant-profond-de-la-terre

Résultats du Concours Jean de la Brète 2026

 

Le jury du Prix Jean de La Brète, organisé par Michel Pontoire et présidé par Patrick de Meerleer, a le plaisir de communiquer les noms des lauréats de la session 2026.

1er prix – Mathieu DRYJSKI-SINTES, Syllabes en friche

Un texte surprenant, à l’humour cocasse, avec quelques coups de dents acérés envers ceux qui les méritent.

2ème prix – Jean-Baptiste LEHEUP, Au milieu du cercle rouge

Un récit dans lequel on se demande jusqu’où l’inventivité réussira à mettre à mal la géométrie administrative.

3ème prix – Claire GOUT, Vieille branche

Un noyer raconte les profondes mutations subies par son environnement avant une reconversion aussi inattendue qu’espérée.

Ces trois nouvelles, distinguées par le jury, figureront aux côtés de neuf autres textes sélectionnés pour composer le recueil Douze nouvelles du vert pays, édition 2026.

Pour obtenir ce recueil, faire la demande à prix.jeandelabrete@gmail.com 

Un millésime 2026 riche et varié

Les textes reçus témoignent de la vitalité de la création littéraire autour du thème de la ruralité. Le jury a salué la diversité des approches, la qualité des écritures et la force des imaginaires proposés.

Notre ami Claude Chainon a programmé la remise des prix pendant le congrès le 9 septembre 2026 au lycée agricole de Merdrignac (Côtes d’Armor).

Notre concours s’installe durablement dans le paysage littéraire

Le Prix Jean de La Brète connaît un succès croissant depuis 2023. Pour cette troisième édition, le concours a réuni un nombre record de participants (121) venus de toute la France et de l’étranger, confirmant l’intérêt du public pour la forme brève et l’exigence littéraire.

Par son ancrage culturel clair, son identité forte, ses exigences en matière de production littéraire, le Prix Jean de La Brète a acquis une vraie personnalité. S’il n’a pas (encore) la notoriété des grands prix nationaux Ce prix possède une âme, une cohérence. Il s’inscrit dans une démarche culturelle authentique, loin des concours opportunistes.

Rappel des buts que nous poursuivons :

  • Offrir une tribune à des auteurs émergents ou confirmés.
  • Valoriser la littérature inspirée par le monde rural : son histoire, son évolution, ses doutes, ses questionnements et les relations entre l’humain et son environnement.
  • Soutenir la création artistique en favorisant la rencontre entre écrivains, lecteurs et acteurs culturels.
  • Renforcer les liens entre ruralité et création artistique,
  • Contribuer à la diffusion d’œuvres originales, en publiant chaque année un recueil réunissant les textes sélectionnés par un jury compétent.

Concours d’écriture. Suite

Premières Nouvelles

 

Des élèves de l’enseignement agricole prennent la plume

 

Recueil # 1

 

Texte de la quatrième de couverture

 

Leur âge ? Entre 15 et 18 ans. Leur quotidien ? Être élève d’un établissement d’enseignement agricole. Leurs points communs ? Un amour pour le vivant, une riche imagination et un goût prononcé pour l’écriture. Ce recueil est le fruit de leur travail.

 

Ce livre rassemble une douzaine de nouvelles écrites à l’occasion du concours d’écriture organisé par l’Association des écrivains et artistes paysans pour la première fois lors de l’année scolaire 2025/2026 dans la région Grand Est de la France. Le concours a été proposé aux élèves de tous les établissements d’enseignement agricole de la région en collaboration avec le Service régional de la formation et du développement, service du ministère de l’Agriculture qui exerce l’autorité académique sur cette branche de l’enseignement.

 

Les textes ici publiés sont ceux arrivés en tête lors de l’évaluation par le jury. En parcourant ces belles pépites, vous découvrirez des histoires captivantes et originales, ancrées dans le réel et nourries de l’imaginaire, fortes d’émotions vives et contradictoires, oscillant entre légèreté et tragique, lumière et noirceur. Les sillons agricoles de nos écoles, ont en leur sein de jolies graines, d’écrivains et d’écrivaines, à n’en point douter, n’aspirant qu’à germer.

 

 

Les treize nouvelles

 

Le miracle d’Iris

Une jeune femme en souffrance, Iris, lutte contre la vente de la ferme héritée de son grand-père, symbole de son identité et de ses rêves, lieu d’émotions, de souvenirs et de passion. Grâce à la terre, elle reprendra goût à la vie.

 

Le prix du non-retour

Victime de la dégradation écologique, c’est la fin de la planète et la quête d’un nouveau départ vers la Lune pour un couple en lutte contre la maladie et la pauvreté. Un rêve d’évasion rattrapé par la mort, dépassé par l’espoir.

 

La mort

Un soldat, blessé et épuisé, entame son dernier voyage intérieur en pénétrant une forêt hostile. Lueur d’espoir, une luciole lui apparaît, ranime ses souvenirs et le guide jusqu’au lieu sépulcral où il trouve paix et réconfort, avant de s’éteindre ensemble.

 

Correspondance

Deux jeunes inconnus, Erin et Alex, entament une correspondance épistolaire dont le sujet est la mort imminente de la première. Quête ultime de liens et de souvenirs communs face à l’inéluctable et l’inacceptable.

 

La vagabonde

Ambre retrouve son amie d’enfance Nina pour une merveilleuse journée pleine de souvenirs, de nostalgie et d’aventures. La disparition soudaine de Nina replonge brutalement Ambre dans la réalité étouffante de la perte d’un être cher.

 

Première journée de chasse

Une première expérience de chasse nous est contée, moment de partage en pleine nature entre un père et son fils. On découvre la force du lien créé par la transmission des gestes, de la patience et de l’observation. Et l’émotion contenue d’un fils grandissant envers son père vieillissant.

 

Discipline

Une jeune femme abandonnée par ses parents tente de fuir l’oppression qu’elle subit. Son évasion requiert une planification minutieuse, discrétion, coopération et courage face à la surveillance et aux obstacles physiques. Une ode glaçante à la résistance.

 

Le petit jardin secret

Une élève et son amie Inès découvrent un terrain abandonné. Inspirées par un cours de SVT, elles décident de lui redonner vie par un travail acharné.  Face aux difficultés et aléas, elles persévèrent et cette terre morte devient un véritable jardin, un projet collectif et un lieu de partage. Métaphore d’une reconstruction personnelle.

 

 

Sous le volcan

Tremblements de terre et éruption d’un volcan transforment un village, son paysage et la vie d’une jeune femme. La puissance incontrôlable de la nature bouleverse tout et oblige à reconstruire.  Ainsi va la vie : rien n’est stable, tout change en permanence et amène à la renaissance.

 

A l’ombre des bois

Un bûcheron chargé de superviser l’abattage d’une forêt rencontre dans les bois l’esprit protecteur des lieux. L’apparition de cette déesse majestueuse et silencieuse va transformer pour toujours l’esprit de cet homme en lui révélant sa vraie mission.

 

Inoubliable

Une jeune femme tente de sauver des créatures fantastiques menacées par des braconniers. Pour soigner l’une d’elle grièvement blessée, elle n’hésite pas à se mettre en danger. Une démonstration de courage, de patience et d’empathie.

 

Sous le souffle de la Lune

L’aventure de quatre jeunes filles parties loin de la terre pour vivre sur la Lune. Dans ce monde qui leur paraît mort, elles sont témoins d’un phénomène étrange. Affrontant ensemble l’inconnu, elles découvrent que la vie et l’espoir sont possibles même en pays de désolation.

 

L’étrange culture du futur

Virginie et son frère Bertrand sont des agriculteurs du futur. Menacés par les pluies acides, ils testent des cultures résistantes de leur invention. Alors que l’orage dévastateur gronde, et que tout espoir de récolte semble perdu, le génie d’un être cher disparu sort de sa cachette pour leur porter secours.

 

Un livre édité par l’Association des écrivains et artistes paysans (AEAP) à l’issue du concours d’écriture « Cinq mots pour une histoire » 2025/2026.

96 pages

Juin 2026

Prix : 12 euros

 

Contact : concoursecritureaeap@gmail.com

Remise des prix du concours d’écriture « Cinq mots pour une histoire » 2025/2026

 

La remise des prix de la première édition du concours d’écriture « Cinq mots pour une histoire » organisée par notre association s’est déroulée le 2 juin sur le site du campus lycée de Nancy Pixerécourt en Meurthe-et-Moselle. Une vingtaine de personnes ont participé à cet événement, dont le directeur du lycée qui avait mis à disposition ses locaux pour cette cérémonie. Parmi les participants, huit élèves, accompagnés de six enseignants en provenance de cinq établissements d’enseignement agricole de la région Grand Est. La cérémonie était organisée par le SRFD Grand Est, notre partenaire dans ce concours d’écriture, un service de la DRAAF, représenté par Baptiste Cher, chef du pôle éducation et animation.

Ce dernier a prononcé un mot d’introduction et de remerciement aux élèves et aux enseignants pour avoir effectué le déplacement, certains ayant effectué un trajet de plus de deux heures pour se rendre sur les lieux. Puis il a donné la parole aux représentants de l’AEAP. Marcel Marloie, président, a tout d’abord présenté succinctement l’association, une association nationale qui compte aujourd’hui une centaine de membres et aux multiples activités. Par la suite, Dominique Martin, secrétaire de l’AEAP, a fait un bilan du concours qui s’est déroulé sur l’ensemble de l’année scolaire 2025-2026.

Ce concours a été proposé grâce au relais du SRFD à l’ensemble des établissements d’enseignement agricole publics et privés de la région, soit une petite quarantaine d’établissements. Les enseignants ont joué le rôle de relais pour proposer le concours aux élèves et pour recueillir leurs textes. Au total, 8 établissements ont participé et 37 textes ont été collectés à la date de clôture du 13 mars. Un jury de 9 personnes a ensuite évalué les textes, dont 2 personnes du SRFD et pour le reste des membres de l’AEAP. L’évaluation s’est déroulée en deux phases, durant les mois d’avril et mai. Treize textes arrivés en tête ont été retenus pour former un recueil que l’association a édité et remis gracieusement aux élèves concernés lors de la cérémonie.

Par ailleurs, trois prix allant de 250 à 100 euros ont été attribués, accompagnés de certificats. Les trois lauréates proviennent de trois établissements différents. Pour le premier prix, il s’agit de Zoé Vesely élève en BTSA GPN deuxième année au Campus Agro-Environnemental de St Laurent à Charleville-Mézières pour son texte intitulé « À l’ombre des bois ». Le deuxième prix a été attribué à Léa Demonceaux-Poulain, en première service aux personnes et animation du territoire (SAPAT), qui est élève du lycée d’enseignement agricole Notre-Dame de Maubert-Fontaine pour son texte intitulé « Discipline ». Enfin, le troisième prix a été attribué à Gwladys Laroche, en première production en industrie pharmaceutique, alimentaire ou cosmétique (PIPAC) au LEGTA de la Meuse à Bar-le-Duc, pour son texte intitulé « Le petit jardin secret ».

Le secrétaire de l’AEAP a ensuite expliqué les raisons d’être de ce concours. Les élèves ont ainsi découvert l’existence d’une tradition littéraire, celle des écrivains paysans, et le souhait de l’association de lui assurer un avenir. Pour cela, elle entreprend de se tourner vers les jeunes générations, notamment grâce à ce concours. Deux membres du jury, messieurs Cher et Poyard du SRFD ont ensuite donné leurs ressentis sur les textes qu’ils ont évalués, en félicitant les élèves pour leur travail. Enfin, le secrétaire de l’AEAP a lu un message du jury à l’attention de tous les élèves participants. Un message soulignant la qualité des textes reçus et la valeur du travail effectué, assorti d’un vibrant encouragement à persévérer. Les élèves ont également pris la parole et dit leur plaisir d’avoir participé à cette initiative, leur bonheur de voir leur texte édité, et plusieurs ont dit qu’ils/elles étaient prêt(e)s à participer à nouveau l’année prochaine.

 

 

Cérémonie d’hommage à Chantal Olivier

Chantal Olivier, notre amie et ancienne présidente, est décédée le 27 mai dernier. La cérémonie d’hommage s’est tenue ce lundi 8 juin. Nous étions nombreux à y participer. Vous trouverez ici le discours de Jacqueline Bellino qui lui avait succédé à la direction de notre AEAP.

 

Chantal rêvait de nature, elle a suivi Christian à Corboin, et c’est la terre qui l’a prise.

Elle dit :

« Sa couleur est montée

Pour entrer dans ma peau

Son mouvement a battu

À la place de mon cœur »

Jean Robinet écrit dans la préface du tome 1 de Chemins Faisant, le premier recueil de poésie de Chantal :

« N’être pas née à la terre, mais avoir été conquise par elle. Avoir accepté sans remords ses servitudes, ses fatigues, les bas revenus et donc les privations. Monter sur le tracteur, tailler les cassis, désherber les fraises. Se coucher tard, se lever tôt, élever ses enfants et, parce que le grain qui germe, la bouture qui reprend, apportent des joies intenses, être heureuse de son choix. »

Dans le tome 2 c’est Rose-Marie Lagrave qui nous dit :

« Chantal Olivier se laisse enchanter par le plaisir esthétique de la nature, comme si, délestée de la courbature de son corps penché inlassablement vers la terre, elle redécouvrait les délices et les moirures d’une nature infinie. Son regard s’ouvre et se dilate pour embrasser une nature bien au-delà des champs et du village pour happer et se nourrir des richesses d’un cosmos poétiquement exploré. »

Ensorcelée par la terre, Chantal succombe aux merveilles qui la fascinent : la forêt, un coucher de soleil, l’odeur de l’automne, un champ de cassis, le souffle rauque des vaches la font chavirer, l’étouffent, la submergent. Elle implose d’amour, se fond dans son environnement et elle devient paysanne jusqu’au plus profond d’elle-même. Alors nait le besoin d’écrire pour se libérer, pour crier à la face du monde son trop-plein d’émerveillement. Elle rêve de sortir d’elle-même pour atteindre les étoiles et en même temps se heurte à ses limites.

Et Jean Robinet poursuit :

« Avoir des ailes qui porteraient vers l’infini mais les sentir paralysées, être consciente de l’impossibilité de les déployer à leur mesure. »

 Alors elle écrit avec ses tripes, avec de la glaise, avec le sang du cassis ; ses poèmes hurlent dans le désert.

Un écho lui revient. Il porte la voix de Jean Robinet, le grand écrivain-paysan bourguignon.

Il l’a entendue, il la découvre et il la reconnaît. Impressionné par la puissance de ses mots il va la conduire vers la toute jeune Association des écrivains-paysans qu’il vient juste de fonder à Plaisance du Gers en 1972. Elle y découvrira ceux et celles qui deviendront ses amis : Jean-Louis Quéreillahc, Claude Chainon, Rose-Marie Lagrave et tant d’autres, avec lesquels elle pourra partager son amour de la terre et de l’écriture.

Sa reconnaissance est infinie et elle va s’engager dans l’association corps et âme, dans la mesure où ses occupations vont le lui permettre ; elle y consacrera sa vie pendant un demi-siècle par un engagement indéfectible, à la mesure de sa passion. Désormais Chantal portera à bout de bras deux familles : la famille Olivier et l’AEAP où elle occupera les fonctions de secrétaire, vice-présidente, puis présidente pendant 10 ans, tâches qu’elle accomplira avec une grande rigueur sans pour autant se limiter à la gestion administrative. Son but est aussi de faire de l’AEAP un tremplin.

Un tremplin pour encourager les femmes à oser se révéler par l’écriture. Je la cite :

« Les écritures des femmes (…) laissent toujours une grande place [à la nature], ayant à son égard une sensibilité particulière qui dépasse la simple observation visuelle en déclenchant chez elles des émotions reliées à l’amour dans toutes ses dimensions. Elles sont pour la plupart réceptives aux éléments cosmiques. »

Mais aussi pour faire connaître, reconnaitre et inscrire les écritures paysannes dans le domaine de la littérature en leur restituant leurs lettres de noblesse.

C’est ainsi qu’elle publie en 2017 un ouvrage co-écrit avec Claude Chainon, Vice-Président de l’AEAP, Les écritures paysannes, De l’utopie à la réalité.

Elle écrit dans sa préface :

« La terre a toujours été le centre de gravité de la gent paysanne ; elle porte le témoignage de ceux qui l’ont façonnée, de tous ceux qui se sont engagés pour qu’elle garde une présence éternelle. Elle dit la vie de ceux qu’elle a nourris ; elle témoigne du labeur de ses commis de la terre, elle donne sens à leur existence. Les écritures paysannes sont là pour attester ces liens forts. Il nous incombe à nous, écrivains-paysans, de laisser trace d’une mémoire à partir de laquelle se construit année après année cette société qui, nous le croyons, se bâtira encore demain avec des paysans ».

Cette œuvre sera l’aboutissement de son engagement à l’AEAP. Elle permettra d’assurer après son départ la transmission qui lui tenait tant à cœur.

Tu peux maintenant partir en paix Chantal et rejoindre ainsi dans ton voyage cosmique Edgar Morin que tu aimais au point de ne manquer aucune des conférences qu’il donnait au festival du livre de Mouans-Sartoux. Edgar Morin qui disait :

 « La vie émerge […] comme émanation et création de la Terre […] la Terre est le berceau de la vie. », une phrase qui faisait écho à un poème tiré du Courrier des écrivains-paysans de 1946 que tu te plaisais à citer :

« Au commencement il y a la terre

A la fin il y a la terre

Il y a la terre derrière et devant

La terre seule commande

Ecrivains-paysans, pensez-y toujours ».

Je laisserai le mot de la fin à Jean-Louis Quéreillahc :

« Dans le ciel, pourtant chargé d’orages menaçants pour l’A.E.A.P., Chantal Olivier, en poète et en « paysanne-courage » a découvert et fait briller une étoile…une étoile qui disait dans un scintillement qu’il fallait garder foi en la Terre, à ses hommes et à leur avenir.

C’est à cette étoile que la littérature paysanne doit accrocher ses charrues. »

Désormais, très chère Chantal, c’est vers cette étoile que se porteront notre regard et notre cœur pour te retrouver.