Concours d’écriture. Suite

Premières Nouvelles

 

Des élèves de l’enseignement agricole prennent la plume

 

Recueil # 1

 

Texte de la quatrième de couverture

 

Leur âge ? Entre 15 et 18 ans. Leur quotidien ? Être élève d’un établissement d’enseignement agricole. Leurs points communs ? Un amour pour le vivant, une riche imagination et un goût prononcé pour l’écriture. Ce recueil est le fruit de leur travail.

 

Ce livre rassemble une douzaine de nouvelles écrites à l’occasion du concours d’écriture organisé par l’Association des écrivains et artistes paysans pour la première fois lors de l’année scolaire 2025/2026 dans la région Grand Est de la France. Le concours a été proposé aux élèves de tous les établissements d’enseignement agricole de la région en collaboration avec le Service régional de la formation et du développement, service du ministère de l’Agriculture qui exerce l’autorité académique sur cette branche de l’enseignement.

 

Les textes ici publiés sont ceux arrivés en tête lors de l’évaluation par le jury. En parcourant ces belles pépites, vous découvrirez des histoires captivantes et originales, ancrées dans le réel et nourries de l’imaginaire, fortes d’émotions vives et contradictoires, oscillant entre légèreté et tragique, lumière et noirceur. Les sillons agricoles de nos écoles, ont en leur sein de jolies graines, d’écrivains et d’écrivaines, à n’en point douter, n’aspirant qu’à germer.

 

 

Les treize nouvelles

 

Le miracle d’Iris

Une jeune femme en souffrance, Iris, lutte contre la vente de la ferme héritée de son grand-père, symbole de son identité et de ses rêves, lieu d’émotions, de souvenirs et de passion. Grâce à la terre, elle reprendra goût à la vie.

 

Le prix du non-retour

Victime de la dégradation écologique, c’est la fin de la planète et la quête d’un nouveau départ vers la Lune pour un couple en lutte contre la maladie et la pauvreté. Un rêve d’évasion rattrapé par la mort, dépassé par l’espoir.

 

La mort

Un soldat, blessé et épuisé, entame son dernier voyage intérieur en pénétrant une forêt hostile. Lueur d’espoir, une luciole lui apparaît, ranime ses souvenirs et le guide jusqu’au lieu sépulcral où il trouve paix et réconfort, avant de s’éteindre ensemble.

 

Correspondance

Deux jeunes inconnus, Erin et Alex, entament une correspondance épistolaire dont le sujet est la mort imminente de la première. Quête ultime de liens et de souvenirs communs face à l’inéluctable et l’inacceptable.

 

La vagabonde

Ambre retrouve son amie d’enfance Nina pour une merveilleuse journée pleine de souvenirs, de nostalgie et d’aventures. La disparition soudaine de Nina replonge brutalement Ambre dans la réalité étouffante de la perte d’un être cher.

 

Première journée de chasse

Une première expérience de chasse nous est contée, moment de partage en pleine nature entre un père et son fils. On découvre la force du lien créé par la transmission des gestes, de la patience et de l’observation. Et l’émotion contenue d’un fils grandissant envers son père vieillissant.

 

Discipline

Une jeune femme abandonnée par ses parents tente de fuir l’oppression qu’elle subit. Son évasion requiert une planification minutieuse, discrétion, coopération et courage face à la surveillance et aux obstacles physiques. Une ode glaçante à la résistance.

 

Le petit jardin secret

Une élève et son amie Inès découvrent un terrain abandonné. Inspirées par un cours de SVT, elles décident de lui redonner vie par un travail acharné.  Face aux difficultés et aléas, elles persévèrent et cette terre morte devient un véritable jardin, un projet collectif et un lieu de partage. Métaphore d’une reconstruction personnelle.

 

 

Sous le volcan

Tremblements de terre et éruption d’un volcan transforment un village, son paysage et la vie d’une jeune femme. La puissance incontrôlable de la nature bouleverse tout et oblige à reconstruire.  Ainsi va la vie : rien n’est stable, tout change en permanence et amène à la renaissance.

 

A l’ombre des bois

Un bûcheron chargé de superviser l’abattage d’une forêt rencontre dans les bois l’esprit protecteur des lieux. L’apparition de cette déesse majestueuse et silencieuse va transformer pour toujours l’esprit de cet homme en lui révélant sa vraie mission.

 

Inoubliable

Une jeune femme tente de sauver des créatures fantastiques menacées par des braconniers. Pour soigner l’une d’elle grièvement blessée, elle n’hésite pas à se mettre en danger. Une démonstration de courage, de patience et d’empathie.

 

Sous le souffle de la Lune

L’aventure de quatre jeunes filles parties loin de la terre pour vivre sur la Lune. Dans ce monde qui leur paraît mort, elles sont témoins d’un phénomène étrange. Affrontant ensemble l’inconnu, elles découvrent que la vie et l’espoir sont possibles même en pays de désolation.

 

L’étrange culture du futur

Virginie et son frère Bertrand sont des agriculteurs du futur. Menacés par les pluies acides, ils testent des cultures résistantes de leur invention. Alors que l’orage dévastateur gronde, et que tout espoir de récolte semble perdu, le génie d’un être cher disparu sort de sa cachette pour leur porter secours.

 

Un livre édité par l’Association des écrivains et artistes paysans (AEAP) à l’issue du concours d’écriture « Cinq mots pour une histoire » 2025/2026.

96 pages

Juin 2026

Prix : 12 euros

 

Contact : concoursecritureaeap@gmail.com

Remise des prix du concours d’écriture « Cinq mots pour une histoire » 2025/2026

 

La remise des prix de la première édition du concours d’écriture « Cinq mots pour une histoire » organisée par notre association s’est déroulée le 2 juin sur le site du campus lycée de Nancy Pixerécourt en Meurthe-et-Moselle. Une vingtaine de personnes ont participé à cet événement, dont le directeur du lycée qui avait mis à disposition ses locaux pour cette cérémonie. Parmi les participants, huit élèves, accompagnés de six enseignants en provenance de cinq établissements d’enseignement agricole de la région Grand Est. La cérémonie était organisée par le SRFD Grand Est, notre partenaire dans ce concours d’écriture, un service de la DRAAF, représenté par Baptiste Cher, chef du pôle éducation et animation.

Ce dernier a prononcé un mot d’introduction et de remerciement aux élèves et aux enseignants pour avoir effectué le déplacement, certains ayant effectué un trajet de plus de deux heures pour se rendre sur les lieux. Puis il a donné la parole aux représentants de l’AEAP. Marcel Marloie, président, a tout d’abord présenté succinctement l’association, une association nationale qui compte aujourd’hui une centaine de membres et aux multiples activités. Par la suite, Dominique Martin, secrétaire de l’AEAP, a fait un bilan du concours qui s’est déroulé sur l’ensemble de l’année scolaire 2025-2026.

Ce concours a été proposé grâce au relais du SRFD à l’ensemble des établissements d’enseignement agricole publics et privés de la région, soit une petite quarantaine d’établissements. Les enseignants ont joué le rôle de relais pour proposer le concours aux élèves et pour recueillir leurs textes. Au total, 8 établissements ont participé et 37 textes ont été collectés à la date de clôture du 13 mars. Un jury de 9 personnes a ensuite évalué les textes, dont 2 personnes du SRFD et pour le reste des membres de l’AEAP. L’évaluation s’est déroulée en deux phases, durant les mois d’avril et mai. Treize textes arrivés en tête ont été retenus pour former un recueil que l’association a édité et remis gracieusement aux élèves concernés lors de la cérémonie.

Par ailleurs, trois prix allant de 250 à 100 euros ont été attribués, accompagnés de certificats. Les trois lauréates proviennent de trois établissements différents. Pour le premier prix, il s’agit de Zoé Vesely élève en BTSA GPN deuxième année au Campus Agro-Environnemental de St Laurent à Charleville-Mézières pour son texte intitulé « À l’ombre des bois ». Le deuxième prix a été attribué à Léa Demonceaux-Poulain, en première service aux personnes et animation du territoire (SAPAT), qui est élève du lycée d’enseignement agricole Notre-Dame de Maubert-Fontaine pour son texte intitulé « Discipline ». Enfin, le troisième prix a été attribué à Gwladys Laroche, en première production en industrie pharmaceutique, alimentaire ou cosmétique (PIPAC) au LEGTA de la Meuse à Bar-le-Duc, pour son texte intitulé « Le petit jardin secret ».

Le secrétaire de l’AEAP a ensuite expliqué les raisons d’être de ce concours. Les élèves ont ainsi découvert l’existence d’une tradition littéraire, celle des écrivains paysans, et le souhait de l’association de lui assurer un avenir. Pour cela, elle entreprend de se tourner vers les jeunes générations, notamment grâce à ce concours. Deux membres du jury, messieurs Cher et Poyard du SRFD ont ensuite donné leurs ressentis sur les textes qu’ils ont évalués, en félicitant les élèves pour leur travail. Enfin, le secrétaire de l’AEAP a lu un message du jury à l’attention de tous les élèves participants. Un message soulignant la qualité des textes reçus et la valeur du travail effectué, assorti d’un vibrant encouragement à persévérer. Les élèves ont également pris la parole et dit leur plaisir d’avoir participé à cette initiative, leur bonheur de voir leur texte édité, et plusieurs ont dit qu’ils/elles étaient prêt(e)s à participer à nouveau l’année prochaine.

 

 

Cérémonie d’hommage à Chantal Olivier

Chantal Olivier, notre amie et ancienne présidente, est décédée le 27 mai dernier. La cérémonie d’hommage s’est tenue ce lundi 8 juin. Nous étions nombreux à y participer. Vous trouverez ici le discours de Jacqueline Bellino qui lui avait succédé à la direction de notre AEAP.

 

Chantal rêvait de nature, elle a suivi Christian à Corboin, et c’est la terre qui l’a prise.

Elle dit :

« Sa couleur est montée

Pour entrer dans ma peau

Son mouvement a battu

À la place de mon cœur »

Jean Robinet écrit dans la préface du tome 1 de Chemins Faisant, le premier recueil de poésie de Chantal :

« N’être pas née à la terre, mais avoir été conquise par elle. Avoir accepté sans remords ses servitudes, ses fatigues, les bas revenus et donc les privations. Monter sur le tracteur, tailler les cassis, désherber les fraises. Se coucher tard, se lever tôt, élever ses enfants et, parce que le grain qui germe, la bouture qui reprend, apportent des joies intenses, être heureuse de son choix. »

Dans le tome 2 c’est Rose-Marie Lagrave qui nous dit :

« Chantal Olivier se laisse enchanter par le plaisir esthétique de la nature, comme si, délestée de la courbature de son corps penché inlassablement vers la terre, elle redécouvrait les délices et les moirures d’une nature infinie. Son regard s’ouvre et se dilate pour embrasser une nature bien au-delà des champs et du village pour happer et se nourrir des richesses d’un cosmos poétiquement exploré. »

Ensorcelée par la terre, Chantal succombe aux merveilles qui la fascinent : la forêt, un coucher de soleil, l’odeur de l’automne, un champ de cassis, le souffle rauque des vaches la font chavirer, l’étouffent, la submergent. Elle implose d’amour, se fond dans son environnement et elle devient paysanne jusqu’au plus profond d’elle-même. Alors nait le besoin d’écrire pour se libérer, pour crier à la face du monde son trop-plein d’émerveillement. Elle rêve de sortir d’elle-même pour atteindre les étoiles et en même temps se heurte à ses limites.

Et Jean Robinet poursuit :

« Avoir des ailes qui porteraient vers l’infini mais les sentir paralysées, être consciente de l’impossibilité de les déployer à leur mesure. »

 Alors elle écrit avec ses tripes, avec de la glaise, avec le sang du cassis ; ses poèmes hurlent dans le désert.

Un écho lui revient. Il porte la voix de Jean Robinet, le grand écrivain-paysan bourguignon.

Il l’a entendue, il la découvre et il la reconnaît. Impressionné par la puissance de ses mots il va la conduire vers la toute jeune Association des écrivains-paysans qu’il vient juste de fonder à Plaisance du Gers en 1972. Elle y découvrira ceux et celles qui deviendront ses amis : Jean-Louis Quéreillahc, Claude Chainon, Rose-Marie Lagrave et tant d’autres, avec lesquels elle pourra partager son amour de la terre et de l’écriture.

Sa reconnaissance est infinie et elle va s’engager dans l’association corps et âme, dans la mesure où ses occupations vont le lui permettre ; elle y consacrera sa vie pendant un demi-siècle par un engagement indéfectible, à la mesure de sa passion. Désormais Chantal portera à bout de bras deux familles : la famille Olivier et l’AEAP où elle occupera les fonctions de secrétaire, vice-présidente, puis présidente pendant 10 ans, tâches qu’elle accomplira avec une grande rigueur sans pour autant se limiter à la gestion administrative. Son but est aussi de faire de l’AEAP un tremplin.

Un tremplin pour encourager les femmes à oser se révéler par l’écriture. Je la cite :

« Les écritures des femmes (…) laissent toujours une grande place [à la nature], ayant à son égard une sensibilité particulière qui dépasse la simple observation visuelle en déclenchant chez elles des émotions reliées à l’amour dans toutes ses dimensions. Elles sont pour la plupart réceptives aux éléments cosmiques. »

Mais aussi pour faire connaître, reconnaitre et inscrire les écritures paysannes dans le domaine de la littérature en leur restituant leurs lettres de noblesse.

C’est ainsi qu’elle publie en 2017 un ouvrage co-écrit avec Claude Chainon, Vice-Président de l’AEAP, Les écritures paysannes, De l’utopie à la réalité.

Elle écrit dans sa préface :

« La terre a toujours été le centre de gravité de la gent paysanne ; elle porte le témoignage de ceux qui l’ont façonnée, de tous ceux qui se sont engagés pour qu’elle garde une présence éternelle. Elle dit la vie de ceux qu’elle a nourris ; elle témoigne du labeur de ses commis de la terre, elle donne sens à leur existence. Les écritures paysannes sont là pour attester ces liens forts. Il nous incombe à nous, écrivains-paysans, de laisser trace d’une mémoire à partir de laquelle se construit année après année cette société qui, nous le croyons, se bâtira encore demain avec des paysans ».

Cette œuvre sera l’aboutissement de son engagement à l’AEAP. Elle permettra d’assurer après son départ la transmission qui lui tenait tant à cœur.

Tu peux maintenant partir en paix Chantal et rejoindre ainsi dans ton voyage cosmique Edgar Morin que tu aimais au point de ne manquer aucune des conférences qu’il donnait au festival du livre de Mouans-Sartoux. Edgar Morin qui disait :

 « La vie émerge […] comme émanation et création de la Terre […] la Terre est le berceau de la vie. », une phrase qui faisait écho à un poème tiré du Courrier des écrivains-paysans de 1946 que tu te plaisais à citer :

« Au commencement il y a la terre

A la fin il y a la terre

Il y a la terre derrière et devant

La terre seule commande

Ecrivains-paysans, pensez-y toujours ».

Je laisserai le mot de la fin à Jean-Louis Quéreillahc :

« Dans le ciel, pourtant chargé d’orages menaçants pour l’A.E.A.P., Chantal Olivier, en poète et en « paysanne-courage » a découvert et fait briller une étoile…une étoile qui disait dans un scintillement qu’il fallait garder foi en la Terre, à ses hommes et à leur avenir.

C’est à cette étoile que la littérature paysanne doit accrocher ses charrues. »

Désormais, très chère Chantal, c’est vers cette étoile que se porteront notre regard et notre cœur pour te retrouver.